Rupture du contrat Australien de Naval Group : quelles conséquences pour l’immobilier local ?

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Vous êtes nombreux depuis hier soir à me demander quel va être l’impact de la rupture du contrat australien de Naval Group sur l’immobilier local.

Pour faire simple : personne n’a de boule de cristal. Il est donc difficile de prédire exactement comment le marché immobilier va réagir. Mais on peut y réfléchir. Je vais vous donner mon avis de professionnel de l’immobilier chez Régine Villedieu Immobilier à Cherbourg.

Tout d’abord, qu’a apporté ce contrat Australien au marché immobilier cherbourgeois ? Dans les faits, c’est surtout un marqueur fort. Un contrat record est un signal positif qui moralement a un effet sur les gens. On a pu remarquer avant même que la première famille australienne ai foulé le sol du Cotentin que les propriétaires de biens en location pensaient que la valeur locative de leur bien avait augmenté instantanément. On a assisté à des augmentations de prix fantaisistes. Certains ont d’ailleurs réussi leur coup avec des loyers parfois quatre fois supérieur au marché. Mais ça n’aura été que de courte durée. Leurs locataires se rendant compte de la supercherie déménageront rapidement dans des biens au juste prix. En tout cas, avec l’annonce du contrat la “chasse aux australiens” était ouverte et ce sont 120 familles du Commonwealth qui ont pu être accueillies dans la région uniquement sur le marché locatif. Mais attention, il n’y a pas qu’eux ! Le contrat c’est aussi entre 400 et 500 emplois locaux chez Naval Group et n’oublions pas certains de nos compatriotes qui sont partis en Australie. Les locaux, eux, impactent le secteur locatif et le secteur de l’achat.

Aujourd’hui, ce qui va changer par rapport à cette rupture, ce sont donc ces familles australiennes qui vont repartir sans trop de doutes et nos compatriotes qui vont rentrer en France. Mais qu’adviendra t-il des 400 à 500 employés en charge du programme sur place ?  Et bien clairement, on ne sait pas. Il y a même fort à parier qu’au sein même de Naval Group la question se pose. Une chose est certaine, c’est que des contrats, il en reste avec la marine nationale, le Brésil… Donc, tous ces emplois ne disparaitront pas.

Le marché immobilier, quant à lui, est particulièrement dynamique grâce aux nombreuses sociétés du secteur qui recrutent. Le télétravail a eu également des retombées positives sur le secteur. Il y a chez nous (Régine Villedieu Immobilier) plus de 50 demandes de locations par semaine… Le marché des transactions reste lui aussi très dynamique. La demande reste donc largement supérieure aux  conséquences que pourraient avoir la fin de ce partenariat avec l’Australie.

Le Cotentin a lancé le 13 septembre dernier une campagne nationale d’envergure pour souligner le faible taux de chômage local et les recrutements de masse dans la région. Le Cotentin nous annonce 5000 postes à pourvoir dans un avenir proche sur la région avec par exemple 300 postes chez LM Wind (secteur éolien). Ce chiffre devra probablement être revu à la baisse car Naval Group avait aussi un plan d’embauche comptabilisé mais il restera néanmoins largement de quoi couvrir les départs.

En conclusion, je crois réellement que cette annonce de rupture aura un impact psychologique à court terme sur le marché qui ne devrait pas se traduire par un changement brutal de la tendance actuelle du marché immobilier. Ce qui devrait changer en revanche, c’est le taux de croissance de l’économie locale à venir avec des chiffres qui devront être revus à la baisse sans pour autant passer obligatoirement dans le négatif. Cherbourg vit grâce à de multiples industries à la fois complémentaires et totalement différentes. C’est ce qui rend notre économie solide face à ce type de nouvelles.

Pierre VILLEDIEU, Régine Villedieu Immobilier

Régine Villedieu Immobilier